Blablas – Les recruteurs « désagréables ».

Pourquoi, en 2020, des recruteurs de ma génération (donc années 90) essayent encore de faire les RH hautains, inaccessibles et froids ? Quel est réellement l'intérêt ?

Cet article me tient particulièrement à coeur, puisque je vais parler directement de mes confrères et consoeurs, dont j’ai beaucoup de mal à comprendre le comportement.

Il y a plusieurs mois de cela, quand j’étais en recherche d’emploi, j’ai été convoquée en entretien dans une grande société française de renommée mondiale dans le domaine de la cosmétique (je ne citerai évidemment pas le nom de la société, pour ne pas être médisante à souhait).

Mon entourage et mes proches vous diront tous je pense, de manière unanime, que je suis quelqu’un de sociable, facilement accessible et souvent de bonne humeur (et donc généralement souriante). Encore plus dans le cadre d’un entretien, où il faut montrer une bonne image ! J’adore passer des entretiens, même si je ne suis pas retenue. C’est un moment d’échange, on apprend plein de choses et c’est souvent une bonne expérience. Dans la majorité des cas… mais pas toujours.

Me voici donc à attendre dans une salle d’attente luxueuse, avec tous les produits de la marque exposés sous verre, des grands canapés et un distributeur d’eau. Les hôtesses d’accueil sont toutes bien maquillées et bien habillées et sourient à pleines dents. La personne qui doit me recevoir arrive. Elle me salue (enfin, me serre la main) mais vraiment sans émotion. A tout casser, elle a le même âge que moi, si ce n’est plus jeune. Passées les questions d’usage de « ça a été pour venir ? »  » vous avez trouvé facilement ? » j’essaye de maintenir la conversation, mais sans trop de succès. Et je me dis que ça ne va pas être si facile.

Nous arrivons dans la salle de l’entretien et là, commence l’un des pires entretiens de ma vie. Pourtant, je suis RH moi-même, je suis habituée. Mais je n’ai jamais été aussi mal à l’aise. Elle était glaciale (et encore, le terme est faible), très hautaine (pour ne pas dire carrément condescendante) et très sèche. J’ai essayé plusieurs fois de lui tendre des perches pour sourire un peu (je n’ai pas fait le clown non plus, mais j’essayais d’être joviale), RIEN. A. FAIRE. J’ai prié pour que l’entretien se termine vite et je me suis juré de ne jamais travailler avec elle, même si j’étais retenue. Il s’avère que je n’ai pas été retenue et c’était tant mieux.

Mais cela m’a amenée à me poser des questions sur le métier de recruteur. Pourquoi, en 2020 (enfin en l’occurence là c’était en 2019, mais passons!) des recruteurs de ma génération (donc années 90) essayent encore de faire les RH hautains, inaccessibles et froids ? Quel est réellement l’intérêt ?

Les RH ont déjà une très mauvaise réputation à cause de cela (entre autres) auprès d’une grande majorité des candidats. Parce-que certains RH se prennent pour Dieu, simplement car ils ont un infime pouvoir de décision à un instant T. Alors pourquoi ? Pourquoi être désagréable et faire passer un mauvais moment à un candidat ?

Je parle des recruteurs hautains, ceux qui ont tout vu et tout vécu, ceux qui vous coupent la parole en entretien, haussent les sourcils, s’agitent sur leur chaise comme s’ils étaient pressés de partir, regardent leur montre ou leur téléphone en plein entretien, n’écoutent pas ce que vous venez de leur dire ou expédient l’entretien rapidement, qui ne vous rappellent jamais, ou qui vous font venir pour un poste qui n’existe pas, qui vous « ghostent » (nouvelle expression à la mode, qui consiste à disparaître du jour au lendemain sans donner de nouvelles), etc etc.

Les entretiens « à la dure », c’était avant. La génération de nos parents, de nos grands-parents. Aujourd’hui (mais ce n’est peut-être qu’un avis personnel), un entretien, c’est un échange. Pas une salle de tribunal où on va juger quelqu’un. L’idée est de mettre le candidat à l’aise, qu’il sente qu’on est là pour discuter, pour voir tout simplement si ses compétences et sa personnalité sont en adéquation avec le poste que l’on a à pourvoir. C’est tout. Les candidats ont déjà la pression de l’entretien, si en plus on est désagréable, cela à de quoi les dégoûter. Pour les plus arrogants, cela va les pousser à l’être encore plus et cela peut détruire le peu de confiance qu’il reste chez les plus timides.

Je ne suis pas entrain de prôner la camaraderie avec les candidats. Mais je pense que plus ils seront à l’aise lors de l’entretien, plus ils se confieront à nous et plus on arrivera à en retirer des informations intéressantes. En effet, s’ils sont détendus, leur naturel ressortira forcément et cela en dira long sur leur personnalité. Et même pour nous, RH, c’est plus agréable d’avoir un réel échange avec quelqu’un, plutôt que de poser des questions à la chaîne, comme dans un match de ping-pong, sans émotions ni interactions.

Personnellement, quand un candidat sort d’un entretien avec moi, je suis heureuse de l’entendre me dire « Merci, j’ai passé un bon moment ». Et dans ces moments là, particulièrement, je suis contente et fière de faire le métier que je fais.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

RH, comment êtes-vous en entretien et candidats, quel est le pire entretien que vous ayez passé dans votre vie ?

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