Blablas – Tutoyer ou vouvoyer ?

Quel débat qu’est celui du tutoiement / vouvoiement dans le recrutement !

Mes collègues s’amusent souvent, car je suis régulièrement agacée / indignée quand un candidat ou un recruteur me tutoie spontanément. Comme je m’énervais beaucoup trop souvent à ce sujet et que l’on se moquait gentiment de moi, j’en suis arrivée à réellement me remettre en question.

Etait-ce moi qui suis trop rigide ou ne suis-je pas la seule à m’indigner d’un tutoiement spontané, alors qu’on ne se connait ni d’Eve, ni d’Adam ?

J’ai donc décidé d’en parler autour de moi et j’ai même osé poser la question sur Linkedin. Les réponses de mes collègues, amis, famille, entourage, relations sur Linkedin (RH ou non) ne se sont pas faites attendre… et je dois dire qu’il a été impossible d’en tirer une réelle conclusion !

Mes parents m’ont toujours fait la guerre pour que je sois polie et dans le « socialement » correct depuis mon plus jeune âge. Interdiction donc, de tutoyer les adultes que je ne connaissais pas. Il a donc toujours été très difficile pour moi de tutoyer spontanément (à part évidemment les enfants ou personnes vraiment plus jeunes que moi). Et même quand les parents de mes ami(e)s m’autorisaient à le faire, j’avais comme un blocage. Comme si tutoiement = manque de respect. Alors que ce n’est pas le cas.

J’ai appris/me suis souvenue lors de mon enquête « tutoyer ou vouvoyer » que cela diffère aussi selon la culture et la langue. Par exemple, il semblerait qu’en arabe, le vouvoiement n’existe pas. Pareil pour l’anglais ou il y a un « you » universel (qui simplifie quand même vachement le problème !). Si le français n’est pas la langue maternelle, cela peut s’avérer difficile de comprendre les nuances entre le « tu » et le « vous ».

Il semblerait également que cela ne soit pas une question de générations, puisque mes pairs (générations nées entre les années 80 et les années 90) ne sont absolument pas tous d’accord sur la question. Pour certains, c’est un manque d’éducation, pour d’autres, c’est normal. Pareil pour les générations précédentes, où l’on trouve tous types de réponses. C’est à en perdre son latin !

Le secteur d’activité concerné semble avoir une influence sur la manière de s’adresser aux gens. En effet, paraitrait-il que dans le domaine de la communication, c’est chose courante. Et une légende urbaine soulignerait la même chose dans le domaine de l’IT. Certaines sociétés obligeraient même leurs collaborateurs à tous se tutoyer, quitte à être réprimandés s’ils ne le font pas ! Enfin, j’ai encore vu passer il y a quelques jours un post d’un grand « gourou » de Linkedin, qui affirme tutoyer ses clients, systématiquement.

Alors que faire ?

Pour ma part, j’ai pris le parti de ne désormais plus m’indigner de l’éventuel tutoiement d’un candidat (même si au fond de moi, ça m’énerve quand même encore un peu !). Mais c’est comme tout, les habitudes s’éduquent ! Je continue de vouvoyer mes candidats, comme je le faisais avant, mais je les appelle par leur prénom. A mes yeux, cela crée du lien, tout en gardant la distance professionnelle suffisante. Bien évidemment, s’ils finissent par devenir des collaborateurs de la société, ou que nous maintenons des échanges réguliers, je finirai par leur proposer de se tutoyer (s’ils ne le font pas d’eux-mêmes).

J’ai en tout cas compris que c’est vraiment au cas par cas. Que chacun fait comme bon lui semble, mais que non, de tutoyer quelqu’un qu’on ne connait pas n’est pas un manque de respect, mais au contraire, signe que l’on a envie de créer du lien et de casser des « barrières » imaginaires de conventions !

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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